BRUXELLES, BELGIQUE / EuroWire / — Le gouvernement fédéral belge a approuvé un avant-projet de loi qui permettrait aux victimes de cyberharcèlement de demander des informations permettant d'identifier les auteurs anonymes via le système de plaintes de télécommunications du pays, étendant ainsi un outil déjà utilisé pour les appels et SMS malveillants aux abus en ligne.

Cette mesure a été proposée par le ministre fédéral de la Protection des consommateurs, Rob Beenders, et la ministre de la Numérisation, Vanessa Matz, dans le cadre d'une réforme plus large de la réglementation des communications électroniques. Le projet de loi a été approuvé par le Conseil des ministres le 29 mai et reste soumis à un examen institutionnel approfondi avant son entrée en vigueur.
Selon cette proposition, les victimes pourraient demander au Médiateur des télécommunications de les aider à identifier le nom et l'adresse de l'auteur de harcèlement en ligne anonyme. Ce mécanisme vise les plaintes concernant les plateformes numériques et les services de messagerie, notamment les cas signalés via des applications comme WhatsApp, Messenger, Instagram et Snapchat.
La voie de réclamation existante a été élargie
La législation belge autorise déjà les victimes d'appels ou de SMS malveillants à demander de l'aide pour identifier les auteurs présumés lorsqu'un numéro de téléphone est impliqué. Les nouvelles dispositions étendraient cette approche aux plaintes pour cyberharcèlement, lorsque les agissements abusifs se produisent en ligne plutôt que par un appel téléphonique ou un SMS classique.
Les autorités ont décrit les comportements visés comme incluant les menaces de mort , l'intimidation, le harcèlement et d'autres formes graves de harcèlement. Les victimes qui reçoivent des informations permettant de les identifier pourront les communiquer à la police, les utiliser dans le cadre de procédures judiciaires ou contacter l'auteur présumé, conformément au dispositif annoncé.
La proposition exigerait également des opérateurs et autres services concernés qu'ils coopèrent aux enquêtes du Médiateur des télécommunications. Le défaut de coopération pourrait entraîner des mesures coercitives de la part de l'Institut des services postaux et des télécommunications (BIPT), l'autorité fédérale de régulation des télécommunications.
Projet en cours d'examen
Le projet préliminaire approuvé s'inscrit dans un ensemble de mesures plus vaste relatif aux communications électroniques, qui modernise également les règles encadrant la surveillance des télécommunications, les pouvoirs des autorités de régulation, les exigences d'accessibilité et les procédures administratives. Le gouvernement a indiqué que cet ensemble de mesures comprend des amendements visant à renforcer le traitement des plaintes concernant l'utilisation malveillante des réseaux de communications électroniques.
Avant son adoption, le projet de loi sera soumis à l'avis du Comité interministériel des télécommunications et de la radiodiffusion, du Comité consultatif et du Conseil d'État. Ces étapes s'inscrivent dans le cadre du processus de révision législative belge applicable aux mesures touchant les compétences fédérales et institutionnelles.
Le Médiateur des télécommunications a enregistré plus de 15 000 demandes d’intervention écrites en 2025, dont plus de 12 000 plaintes en médiation et plus de 2 600 plaintes pour utilisation malveillante des réseaux de communications électroniques. Les recommandations belges en matière de cybersécurité conseillent aux victimes de cyberharcèlement de conserver les preuves, de bloquer les harceleurs, de demander de l’aide et de signaler les cas graves à la police.
L’article « Un projet de loi belge vise à lutter contre le cyberharcèlement anonyme » est paru initialement sur British Messenger .
